Plus connus sous leur petit nom de SEI (Systèmes Electriques Insulaires), les réseaux électriques sur les îles, en Corse ou en outre-mer, constituent un défi de tous les instants pour les équipes d’EDF. En effet, ces réseaux sont complétés isolés des autres centres de production et de consommation, et doivent donc équilibrer en permanence la consommation et la production d’électricité en s’appuyant sur les ressources locales. Au contraire, les réseaux intégrés comme la France métropolitaine notamment, peuvent mutualiser les ressources avec leurs voisins. Ainsi, la nuit, lorsque la consommation d’électricité est faible, la France exporte de l’électricité produite avec son parc nucléaire vers ses voisins, Allemagne et Italie notamment. En revanche, lors des heures de pointe, notamment lorsqu’il fait froid en hiver, la France, qui compte beaucoup de radiateurs électriques par rapport à ses voisins, importe de l’électricité des centrales à gaz allemandes principalement.
Cette méthode de gestion n’est pas possible sur un système isolé. Par exemple, l’île de la Réunion doit s’appuyer uniquement sur ses ressources pour satisfaire la consommation des habitants. Celle-ci se caractériser par deux pics, la “pointe de midi”, très marquée en été et due au fonctionnement des climatiseurs aux heures les plus chaudes de la journée, et la pointe du soir lorsque les habitants reviennent du travail et allument leur téléviseur et les appareils électriques. Conséquence de l’augmentation de la population et du taux d’équipement des ménages en appareils électroménagers, la consommation électrique est également en hausse. Pour la gérer, EDF utilise principalement des centrales thermiques au charbon et au fuel, relativement flexibles et rapides à démarrer. Aucune centrale nucléaire n’est installée sur l’île. Cette électricité est complétée par une utilisation rationnelle des ressources locales, notamment la bagasse, paille de la canne à sucre, qui brûlée dans des petites centrales en sucrerie, permet d’alimenter le réseau en électricité renouvelable. Des fermes éoliennes et des panneaux solaires sont également installés sur l’île, leur part dans le mix électrique de l’île doit cependant rester limitée en raison de l’intermittence de la production. Quand il n’y a pas de vent et que le ciel est nuageux, il faut quand même produire de l’électricité ! Point essentiel à la bonne gestion du réseau, les centrales hydrauliques, démarrables très rapidement, permettent de fournir une électricité verte tout en répondant rapidement aux aléas de consommation. Elles restent en cela nécessaires à la stabilité du réseau électrique de la Réunion.