Dans l’actualité énergétique, on entend souvent parler de Gazprom et ses gisements gigantesques, du GNL (Gaz Naturel Liquéfié) ou encore des gaz de schiste aux Etats-Unis, dont l’exploitation pourrait durablement faire baisser le prix de marché du gaz en Europe. Sous quelle forme trouve-t-on donc le gaz naturel?
Le premier type de gaz, et le plus classique, qui alimente encore en grande partie le marché mondial, est le gaz convetionnel non associé. Il s’agit du produit de la décomposition d’organismes vivants, qui se sont accumulés, ont subi plusieurs processus de pyrolyse durant des millions d’années, et se sont transformés en gaz, celui-ci s’accumulant ensuite dans une roche-réservoir. Il est composé principalement de méthane CH4, ainsi que d’autres hydrocarbures comme l’éthane, et peut comporter d’autres gaz comme de l’hydrogène sulfuré ou du CO2.
On trouve ensuite le gaz conventionnel associé, présent en solution dans le pétrole. Ce gaz était généralement considéré comme peu intéressant par rapport au pétrole et brûlé grâce à des torchères, il est actuellement de plus en plus récupéré. En 2007, le gaz brûlé en torchère représentait cependant encore 1500 TWh soit 3 fois la consommation annuelle de la France.
Le gaz de charbon, très connu sous le nom de grisou en raison de la menace d’explosion qu’il faisait peser sur les mineurs, s’accumule dans des pores du charbon. Les charbons américains et chinois sont notamment très riches en méthane, contrairement aux charbons européens. L’exploitation de ces gaz aux Etats-Unis est en plein développement, renforçant l’indépendance énergétique du pays.
Les gaz de schiste (roche à l’aspect feuilleté), que l’on peut par exemple trouver au Québec ou dans l’Alberta, au Canada, sont piégés dans les schistes, ils se sont formés par dégradation de la matière organique piégée dans le schiste. Leur exploitation est plus difficile que celle des gaz conventionnels; car la concentration en gaz est relativement faible. Elle ne devient donc rentable qu’à partir d’un certain niveau de prix pour le gaz.
Enfin, les hydrates de méthane, structures comprenant une molécule de méthane emprisonnée dans une capsule de glace, se trouvent dans le permafrost ou sur le plancher océanique. Selon certaines études, l’exploitation de 1% de ces réserves permettraient aux Etats-Unis d’avoir du gaz naturel pendant un siècle. Les technologies adéquates restent cependant à inventer.
Enfin, le GNL n’est pas à proprement parler une forme naturelle de gaz, mais une méthode pour le transporter. En effet, le transport se fait classiquement sous forme gazeuse dans des gazoducs, mais lorsque les distances à parcourir sont trop grandes, cette méthode ne devient plus rentable. On construit alors un terminal de liquéfaction, le gaz est refroidi à -162°C à pression atmosphérique, transporté dans un méthanier jusqu’à l’endroit de consommation, regazéifié dans un terminal puis injecté sur le réseau. Cette méthode demande des investissements très lourds, et ne se justifie donc que s’il y a une forte production, respectivement une forte consommation dans le pays concerné. Les principaux terminaux d’exportation se situent au Yémen, à Trinidad, en Russie et en Algérie; les principaux terminaux de réception se situent au Japon, aux USA et en Europe. En France, on trouve notamment les terminaux de Montoir-de-Bretagne, de Fos-sur-Mer et d’autres terminaux sont en projet.